À l’approche de la première édition du Salon Photo Tunisie 2026, qui se déploiera du 7 au 14 octobre 2026, nous ouvrons les pages de notre journal de bord. Conçu à la manière d’un journal d’actualité (newspaper) mais pensé comme un espace de réflexion intime et collectif, ce carnet de route partagera les coulisses, les manifestes et les urgences qui guident notre démarche. Premier arrêt : notre thématique centrale, « La photo face au réel », et ses déclinaisons cruciales : la photo décolonisée et sans visa.

Le manifeste de l’image « non volée »

Dans l’histoire coloniale et même dans le photojournalisme traditionnel, l’acte photographique a souvent été synonyme de capture. On dit d’ailleurs « prendre » une photo ou « shooter » un sujet. Trop souvent, l’image de l’autre a été volée : volée à son intimité, volée à sa propre narration, confinée dans des stéréotypes exotiques ou misérabilistes pour satisfaire un regard extérieur.

Dans cette rubrique, nous affirmons tout le contraire. Les images que nous partageons et défendons ne sont pas volées. Elles sont négociées, collaboratives, souveraines. Elles naissent d’une rencontre horizontale entre celui qui est devant et celui qui est derrière l’objectif. Décoloniser la photo, c’est précisément cela : restituer aux photographes du Sud Global et à leurs sujets le droit absolu de définir leur propre vérité, sans filtre colonial.

Face au réel : Le monde tel qu’il est, par ceux qui le vivent

Du 7 au 14 octobre 2026, Tunis vibrera au rythme d’une interrogation majeure : comment la photographie fait-elle face au réel aujourd’hui

Le réel n’est pas unique. Il est multiple, mouvant, parfois brutal, souvent poétique. Pour les artistes de notre continent et de notre région, faire face au réel signifie refuser le formatage esthétique imposé par les institutions du Nord. C’est raconter nos architectures, nos corps, nos luttes et nos magies quotidiennes avec une ingénierie créative qui transforme les contraintes de notre époque en solidarité visuelle.

La photo « sans visa » : Briser les frontières du regard

C’est le second pilier de notre engagement pour 2026. Alors que les corps de nos photographes se heurtent trop souvent aux barrières géopolitiques absurdes et aux refus de visas, leurs œuvres, elles, doivent circuler librement.

La photo sans visa, c’est l’image insoumise. C’est celle qui refuse de demander une « validation » culturelle ou un passeport conceptuel pour avoir le droit d’être exposée. Notre salon se veut une zone franche, un espace de libre circulation des idées où le regard tunisien et africain s’affranchit des frontières pour s’imposer, d’égal à égal, sur la scène internationale.

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